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 SCIENCE & VIE

 

Einstein et la relativité

Essor du cyclisme

Définition de l'intelligence

On pense tous quantique

Le bonheur

Vous avez dit complot ?

Voiture autonome

Pollution & cerveau 

Déposer son vélo partagé où on veut

Casque obligatoire à vélo

Réussir à l'école - HS 278

Non, internet ne nuit pas au cerveau

Rythmes scolaires
Cerveau : il cache une arme contre son propre déclin  

 

Einstein et la relativité

SCIENCE & VIE  HS 273

La relativité générale décrit un espace-temps qui se courbe sous l'effet de la masse.

Contrairement à la loi de l'attraction universelle de Newton, qui n'offre qu'un accès au "comment" sans rien dire du "pourquoi", la théorie d'Einstein permet de voir la gravité comme une manifestation de la déformation que la matière imprime à la trame de l'espace-temps, ce dernier dictant en retour son mouvement à la matière.

Ainsi, la pomme tombe car la Terre "creuse" l'espace-temps autour d'elle, créant comme un dénivelé gravitationnel dans laquelle la pomme n'aurait d'autre possibilité que de "rouler".

 

Thèse d'Erik Verlinde (Université d'Amsterdam)

La gravitation ne serait qu'une illusion : elle n'aurait d'existence qu'à notre échelle et s'évanouirait dès que l'on s'aventure dans l'intimité de la matière. Sa vision permet de se débarrasser de la matière noire. SCIENCE & VIE 1192.

 

Essor du cyclisme dans les villes

Tout le monde s'y met... sauf les automobilistes !

par Nathalie Picard-Simonet

SCIENCE & VIE  1175

Dans le "Rappel des faits", il est écrit que depuis 1998, à la suite de Rennes, une quarantaine de villes sont équipées d'un système de vélos en libre-service. A Strasbourg, la part des déplacements à vélo dépasse les 8% et atteint 15% en centre ville.

Pour les autres : la proportion des cyclistes reste faible : 2% environ.

Nathalie Picard-Simonet écrit qu'il est bien difficile d'arracher l'automobiliste au confort de sa voiture.

Les déplacements à vélo ont de gros avantages : réduire les émissions de gaz à effet de serre, décongestionner le trafic routier.

Le vélo à une image moderne et en phase avec la société.

Il est doté de toutes les vertus pour le cycliste :

- promesse d'économie (gain de 930 euros/an pour un trajet de 10 km),

- promesse de bonne santé (pédaler 30 min/jour réduit de 30% le risque de mortalité)

et pour la collectivité :

- un trajet de 10 km/jour permet d'économiser 650 kilos équivalent CO2 de gaz à effet de serre

Un cycliste en plus = une voiture en moins ?

Dans son article, Nathalie Picard-Simonet écrit que pour que l'impact sur la pollution soit significatif, il faut que ce soit les automobilistes qui se mettent au vélo.

Et les études en 2014 montrent que ce n'est pas encore le cas.

Mode de déplacement abandonnés pour le vélo :

parmi les nouveaux adeptes,

- 19% sont d'ex-automobilistes dont seul 5% utilisaient leur voiture en solo, les autres pratiquaient le covoiturage,

- 65% des transports en commun,

- 2% la marche à pied,

- 9% du deux-roues,

- 5% autres.

Pour conclure cet article, il y a une citation de Vincent Kaufmann, sociologue à l'Ecole polytechnique de Lausanne : "Quitter sa voiture, ce n'est pas simple. Il faut accepter de réorganiser ses horaires et ses activités."

 

Définition de l'intelligence

Définition de l'intelligence par le psychologue Howard Gardner :

Le potentiel de mobiliser des informations dans un contexte culturel pour résoudre des problèmes ou créer des choses et des concepts ayant une valeur dans cette culture.  (SCIENCE & VIE)

 

ON PENSE TOUS QUANTIQUE !

SCIENCE & VIE  - Octobre 2015

Dans l'article il est écrit :

- nos états d'esprit se superposent

- nos jugements interfèrent

- nos pensées peuvent s'intriquer

- nos perceptions oscillent quantiquement

Des expériences sont là pour le montrer.

 

LE BONHEUR

par Emmanuel Monnier

SCIENCE & VIE 1181

LE BONHEUR

DANS L'ADN, LES CELLULES, LE CERVEAU...

MAIS OU SE CACHE-T-IL ?

 

A quoi tient le bonheur ? Tout le monde le cherche, mais où se cache-t-il ?

Dans la famille, l'argent, l'amour... comme la plupart d'entre nous nous en semblons convaincus.

Sauf que ces "joies" de l'existence ne durent pas.

Par ailleurs, certains semblent plus facilement heureux que d'autres.

Une certitude, la quête du bonheur est câblée en nous.

Dans notre cerveau, dans nos gênes, dans les rouages de notre corps, dans l'évolution de notre espèce, qui a fait du bonheur une aptitude à part entière.

 

Un bonheur qui se cache... en nous

Tout se passe comme si chacun avait un niveau fixé de bonheur vers lequel il retourne plus ou moins, quoi qu'il fasse (Daniel Nettle - Université Newcastle RU)

Neurobiologistes, généticiens, biologistes : le bonheur se cache au croisement des mécanismes cérébraux du plaisir, du désir et de la représentation du futur.

Le cerveau humain n'est sensible qu'aux comparaisons

 

Où se cache le bonheur ?

Dans l'ADN, des gènes y prédisposent

Une nouvelle génétique du bonheur

 

Rien de définitif pour la vie

L'importance de l'environnement

Faire soi-même son bonheur ?

 

Où se cache le bonheur ?

Dans le cerveau, des circuits spécifiques l'activent

Se réjouir de ce que l'on va vivre

Circuits primitifs du désir

L'action sans le jugement

 

Où se cache le bonheur ?

Dans le corps, des signaux biologiques lui sont dédiés

Une question d'hormones... mais pas seulement

On peut agir sur notre bien-être

 

Le bonheur, un avantage évolutif ?

Les neurobiologistes : motiver la quête de nourriture et, ainsi, assurer la survie de notre espèce.

 

On vision utilitaire du bonheur

Une émotion communicative

Programmé pour être insatisfait

 

Vous avez dit complot ?

Nos cerveaux programmés pour y croire

Vincent Nouyrigat

SCIENCE & VIE 1187

Vous avez dit complot ?

Nos cerveaux programmés pour y croire

Pourquoi notre cerveau voit des complots partout

Le système fronto-temporal gauche se joue des probabilités

Le cortex temporal médian jongle avec les causalités

Le carrefour temporo-pariétal perçoit des intentions partout

L'amygdale réagit aux situations anxiogènes

Le cortex préfrontal médian se méfie d'autrui

Le cortex préfrontal droit surinterprète chaque détail

Le cortex préfrontal biaise notre opinion

Pour notre cerveau, les moindres détails font sens.

Nous croyons repérer des intentions partout.

Notre esprit doute des coïncidences.

Notre cerveau se méfie à l'excès des inconnus.

Nous associons des grandes causes aux grands chocs.

Les situations anxiogènes modifient nos perceptions.

Notre système cognitif s'enferme dans ses propres croyances.

Comment faire la part des choses ?

Des théories qui ont envahi la culture populaire...

... et sont amplifiées par internet

Chercher à démontrer seulement que ces théories sont fausses ne fonctionne pas.

Il faut être conscient de nos biais cognitifs et des pièges de notre intuition.

Le triple impact du complotisme : sanitaire, social et environnemental.

 

Voiture autonome - L’algorithme de la mort

Anne Debroise

SCIENCE & VIE  1191

Quand l’éthique défie la technique

Que fera la voiture autonome quand elle ara le choix entre percuter un bus scolaire et s’envoyer dans le décor, avec ses passagers ?

La question intéresse depuis quelque temps les psychologues.

Enquête auprès des constructeurs de voitures et de pilotes automatiques.

La question est plus compliquée que ce qu’ils veulent bien reconnaître.

Les véhicules conduisant à notre place sont voués à déferler.

Question : en cas d’accident imminent, comment leurs logiciels réagiront-ils ?

Qui sauveront-ils ?

Qui écraseront-ils de préférence ?

Selon quels algorithmes, écrits en amont ?

Anne Debroise est allée poser la question aux constructeurs. Car leur choix sera aussi moral.

Contexte :

Depuis août 2016, la France autorise sur ses routes le test de prototypes de voitures sans chauffeur – sous supervision humaine permanente. Dans le viseur, des véhicules 100% autonomes, capables de prendre des décisions cruciales en cas de danger.

 

Le dilemme du tramway revisité

Un véritable enjeu commercial

Un défi éthique qui devient technique

Tous les accidents ne seront pas évités

En conclusion

La voie prônée par les constructeurs pour s’affranchir des questions éthiques en faisant la preuve d’une sécurité irréprochable s’avère donc très étroite.

D’autant plus que la transition vers les voitures totalement automatisées ne se fera pas sans heurt.

Les individus, face à une situation critique ne font pas de choix. Tout va si vite que le cerveau humain n’a pas le temps de raisonner : il freine par réflexe.

Ironique renversement des choses : nous demandons aux machines de répondre à des questions que nous ne nous posons pas.

La rapidité de calcul des logiciels de conduite des voitures autonomes ouvre ni plus ni moins un nouveau champ de questionnements éthiques, inexistant jusqu’ici.

Asimov nous avait prévenus : l’avènement des robots est aussi, et peut-être avant tout, un bouleversement d’ordre moral.

 

La pollution s'attaque au cerveau et ce, dès la vie embryonnaire.

Coralie Hancok

SCIENCE & VIE 1192

 

La pollution s'attaque au cerveau et ce, dès la vie embryonnaire.

Résultats : des points de QI en moins.

60 ans pour démontrer l'effet des polluants sur le développement cérébral.

2016 : liens sérieux établis entre pollution, baisse de QI et certains profils génétiques.

Jusqu'à 7 points de QI en moins pour les enfants les plus exposés.

David BELLINGER (professeur de neurologie Harvard School) : la pollution empêche les enfants d'atteindre leur plein potentiel intellectuel.

 

On pourra bientôt déposer son vélo partagé où on veut

SCIENCE & VIE 1196

CHINE

Les usagers des vélos partagés connaissent bien l’angoisse de la station saturée.

Il faut tourner pour trouver une attache disponible et se débarrasser de l'encombrant deux-roues, quitte à s'éloigner de sa destination.

Si seulement il suffisait de laisser la bicyclette n’importe où, comme à Shanghai ou à Pékin !

Grâce aux puces GPS intégrées dans les vélos partagés de ces deux villes, on les repère sur l’application mobile dédiée et on entre le numéro inscrit sur le cadenas pour recevoir un code de déverrouillage.

En refermant l'antivol, l'abonné signale la fin de sa location et déclenche le paiement de sa course par prélèvement.

Simplissime

Et bientôt disponible en Europe : Ofo, l'opérateur pékinois, vient de livrer 500 vélos connectés Cambridge. Leur déploiement dans la ville anglaise est imminent.

Av.

 

Sécurité routière

Le casque obligatoire à vélo : pas une si bonne idée ?

SCIENCE & VIE 1196

LE RAPPEL DES FAITS

Depuis le 22 mars, la loi rend le port du casque à vélo obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, conducteurs ou passagers.

La France est le 26° pays à adopter ce type de législation.

 

S'il est déjà recommandé depuis longtemps, le port du casque à vélo est maintenant obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, qu'ils soient conducteurs ou passagers. Sur le site du ministère de l'Intérieur, la mesure est justifiée par la volonté d’encourager l'apprentissage du vélo, excellent pour la santé comme pour la qualité de l'air.

 

Pourtant, la majorité des associations de promotion du cyclisme ont toujours exprimé leur désapprobation face à une telle mesure coercitive, arguant que ce type de décision n'améliore pas la sécurité des usagers à vélo.

 

Mieux PROTÉGER LA TETE

Certains estiment même que le port du casque modifie le comportement des cyclistes : se sentant en sécurité, ils font moins attention et finissent par être impliqués dans plus d'accidents.

 

Que dit la science sur la question?

De nombreuses études se sont intéressées à l’efficacité du casque en tant que protection, et à sa capacité à réduire les blessures à la tête. L'année dernière, dans une méta analyse qui recensait plus de 64000 blessures de cyclistes à travers le monde, le mathématicien Jake Olivier a montré que le port du casque permet de réduire les risques de blessures à la tête de 51 %. Et la réduction est encore plus marquée pour les blessures sévères et fatales (69 % de réduction dans les deux cas).

 

Pas de doute : le casque réduit bel et bien les risques de se blesser.

 

Oui, mais d'autres études montrent, en parallèle, que l’efficacité des lois sur le port du casque est, elle, beaucoup moins probante.

 

UN PROBLÈME DE VISIBILITÉ

Une étude de Kay Teschke datant de 2015 s'est intéressée au cas du Canada, où seules certaines provinces disposent de lois d'obligation. Résultat: il y a autant de blessés à la tête dans les provinces avec et sans législation. Le signe que le casque modifie le comportement des cyclistes? L’étude montre en tout cas que les accidents de la circulation impliquant un vélo diminuent dans les provinces où cette pratique est plus répandue. Un phénomène de “sécurité par le nombre" déjà pointé par plusieurs autres travaux: plus les cyclistes sont visibles, plus on fait attention à eux.

 

L'obligation du port du casque à vélo n'est pas une si mauvaise idée, juge Jake Olivier, mais elle doit s'inscrire dans une stratégie globale de réduction des risques. Seule, elle risque d'être inefficace.

 

Parmi les autres mesures à mettre en place figure notamment le développement d'infrastructures dédiées à la pratique du vélo.

Kay Teschke recommande ainsi des pistes cyclables séparées physiquement du trafic routier. Il est à noter que les deux pays dans lesquels les cyclistes sont les plus nombreux, les Pays-Bas et le Danemark, n'ont pas de loi sur le port du casque.

 

T-L H

 

Science & société

Réseaux sociaux, e-mails

Non, internet ne nuit pas au cerveau

 Kheira Bettayeb

SCIENCE & VIE 1197

 

Consultation de mails à toute heure, envois de tweets en rafales, messages permanents sur Facebook tout en regardant la télé. En quelques années, la grande majorité d'entre nous s'est vue happée par les immenses possibilités d'ultra-communication et d'ultra information offertes par internet. 74 % de la population française y accède quotidiennement, pour une durée moyenne de 18 heures par semaine.

Evidemment, ce n'est pas la première fois qu'une nouvelle technologie de la communication s’immisce dans notre quotidien.

Mais jamais aucune ne s'est propagée aussi vite en une génération à peine ! et aussi largement.

“L’omniprésence d'internet et des nouveaux médias numériques constitue un changement de société majeur. Cela aura forcément des impacts sur notre cerveau ”, commente Francis Eustache, au laboratoire Inserm Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine, à Caen.

Au point “de réorganiser nos encéphales? “Non, il est peu probable que l'usage d'internet modifie le câblage même de notre cerveau et que l'on voie apparaître, par exemple, une nouvelle aire cérébrale dédiée au Net. En effet, les facultés mises à contribution par son usage (vision, lecture...) ne sont pas  nouvelles", précise Jean Philippe Lachaux, spécialiste de l’attention au Centre de recherche en neurosciences de Lyon.

 

LA SCIENCE PREND DU RECUL

“En revanche, cette pratique modifiera forcément le fonctionnement du cerveau, avec par exemple une mobilisation différente des processus neuronaux impliqués dans la mémoire ou la concentration ”, prévient le chercheur. Mais les possibles effets de notre vie hyper connectée seront-ils forcément négatifs pour nos facultés cognitives ? Dès l'émergence du Web dans notre vie, plusieurs chercheurs l'ont pointé du doigt et des études ont montré que ce nouvel outil pourrait affaiblir notre mémoire, diminuer notre attention, réduire nos performances intellectuelles, ou encore favoriser des troubles du comportement comme la dépression, le narcissisme ou l’insociabilité.

Oui, mais voilà, plus le temps passe et plus la science prend du recul.

 

Désormais, plusieurs chercheurs déplorent le caractère exagéré de ces inquiétudes, compte tenu des données scientifiques existantes", souligne le neurobiologiste Kep Kee Loh (Institut cellules souches et cerveau, Inserm, Lyon), auteur d'un article publié fin 2016, intitulé “Comment l'internet a t’il transformé la cognition humaine ?”. Après enquête, il s'avère même que, par certains aspects, internet pourrait se révéler très bénéfique pour notre cerveau.

Prenons le cas de la mémoire. Le web ne l'affaiblit pas toujours. Pourtant, l'une des craintes les plus fortes vis à vis d'internet et des réseaux sociaux est qu'à force de compter sur eux pour trouver une information au lieu de faire l’effort de la mémoriser, nous finirions par apprendre et surtout par retenir moins d’informations. C’est ce que la psychologue américaine Betsy Sparrow a appelé "l'effet Google".

Or, surfer sur le Net pourrait en réalité augmenter les performances de l'une des composantes de notre mémoire: la mémoire de travail visuelle. C'est elle qui permet de stocker et de manipuler des images perçues à court terme, Cela aurait pour résultat de nous permettre de suivre plus d'objets en même temps sur un écran (30 % en plus, selon certaines études). En effet, plusieurs travaux sur des joueurs de jeux vidéo suggèrent qu'être exposé à des activités multitâches ce qui est le cas quand on surfe sur interne test associé à une meilleure mémoire visuelle.

 

UN BON “EFFET GOOGLE

Pour Patrick Lemaire, docteur en psychologie à l'université d'Aix Marseille, comme pour un nombre croissant de chercheurs, “l'effet Google” doit être relativisé : “Il se peut effectivement qu'on intègre moins d'informations de façon intentionnelle. Mais on n'a pas attendu l’arrivée du web pour ne plus apprendre par cœur la liste des départements français! De plus, mémoriser moins d’informations de façon volons taire ne va pas faire disparaît recette faculté. Enfin et surtout, on continue à stocker des informations de façon non intentionnelle. Or, au moins 80 % de ce qui estrans notre mémoire à long terme - prénoms, dates anniversaires, etc.- A été stocké via ces apprentissages non intentionnels.

”Pour notre cerveau, il existe aussi un effet collatéral bénéfique à ces économies sur la mémorisation. “S’appuyer sur la technologie en tant que source de mémoire externe permet dé libérer des ressources cognitives supplémentaires pour d'autres opérations prioritaires, comme la réflexion ou la prise de décision ”, explique Kemp Klee Loh.

De quoi renforcer toutes nos capacités cognitives? L’hypothèse est confortée par des observations réalisées dans le cas du vieillissement cognitif. “Nous savons que celui-ci peut-être contré par des activités cognitives de haut niveau, comme le raisonnement ou la communication, ou l'exposition à des contenus culturels diversifiés et nombreux, explique Patrick Lemaire, Or, toutes ces situations sont potentiellement favorisées par internet et les réseaux sociaux. ”

Une étude américaine parue en 2009 suggère ainsi que la recherche d'informations sur internet pourrait réduire le vieillissement cognitif chez les seniors. L'équipe du psychiatre Gary Small (université de Californie) a observé, grâce à la technique d'IRMf, le cerveau de 24 adultes âgés de 55 à 78 ans utilisant (fréquemment ou non) internet. Résultat: “Lors de tests de recherches sur internet, les personnes in expérimentées présentaient une activation cérébrale similaire à celle se produisant lors de la lecture sur papier. En revanche, le groupe habitué au Net a montré, lui, une augmentation significative d'activité dans des régions supplémentaires contrôlant la prise de décision, le raisonnement complexe et la vision: cortex frontal, région temporelle antérieure, hippocampe...”, précise GarySmall. D'où l'idée que le Net pourrait aider à améliorer les fonctions de raisonnement et de prise de décision chez les seniors.

 

Les réseaux sociaux constitueraient aussi une aide pour les plus jeunes.

Des travaux menés sur 100 étudiants et publiés en 2014 par le psychologue toulousain Jean François Bonnefon et ses collègues suggèrent qu'à court terme, les réseaux sociaux ont un effet positif pour la prise de décision.

Dans une expérience en cinq étapes, les volontaires, mis en réseau, ont pu trouver la bonne solution à un problème mathématique; surtout, le réseau a permis la propagation de ce résultat exact parmi les utilisateurs...

 Ces contagions de résultats sont intéressantes pour la prise de décision, “à condition d'apprendre par la suite comment arriver par soi même à Ia bonne réponse, pour ne pas être dépendant des réseaux sociaux ”, précise ce pendant Jean François Bonnefon.

 

“SWITCH” ATTENTIONNEL

Enfin, l'une des idées le plus largement répandues à propos de notre hyper connexion, c'est qu'elle éroderait nos capacités à focaliser notre attention. “L'attention est un processus biologique qui a évidemment ses limites", insiste le neuroscientifique Jean Philippe Lachaux. Oui, mais "certaines de ces limites peuvent être partiellement dépassées, et nos capacités attentionnelles augmentées via des apprentissages ”, rétorque Patrick Lemaire. C'est le cas, par exemple, lorsque nous apprenons à conduire: au début, nous devons faire attention à chaque fois que nous passons une vitesse; puis, peu à peu, les gestes s'automatisent et nous les effectuons sans réfléchir. Dans le cas d'internet, “à force d'effectuer certaines tâches en ligne, il est possible que nous parvenions également à les automatiser; ce qui nous permettrait d'avoir plus d'attention pour d'autres activités et d'en réaliser plusieurs en parallèle, comme discuter avec une personne en face de soi tout en répondant de temps à temps à des messages instantanés ”, poursuit le chercheur marseillais.

Internet pourrait également améliorer la flexibilité attentionnelle, un mécanisme de l'attention qui permet de passer d'une activité à une autre en restant concentré. En effet, “il est très probable qu'à force de 'switcher' fréquemment lors de la navigation sur internet ou sur les réseaux, nous augmentions encore une fois, dans une certaine mesure I’efficacité des mécanismes de 'switching' attentionnel ”.

En fait, “seul un mauvais usage d'internet et des réseaux sociaux, notamment leur utilisation à forte dose, pourrait poser problème, recadre Patrick Lemaire. Il faut arrêter de se faire peur avec internet, notre cerveau a finalement beaucoup de choses à en attendre ”.

 

Kheira Bettayeb

 

Des réseaux qui rendent plus sociable ? Facebook et les autres réseaux sociaux limitent-ils les contacts “réels”? Une enquête réalisée par Olivier Martin et Eric Dagiral à l’université Paris Descartes indique tout le contraire, du moins chez les jeunes encore étudiants. lls ont analysé l’usage de Facebook de 1 102 étudiants de 18 à 25 ans. ll en ressort que ce réseau social favorise et enrichit en fait leur sociabilité !

Les discussions y sont souvent le prolongement d'échanges entamés dans la “vraie” vie. “Plus de 9 jeunes sur 10 utilisent Facebook pour organiser leurs activités ou discuter avec des proches vus dans la journée”, précisent les sociologues.

 

Science & société

Aménagements des rythmes scolaires

Les 4 avis scientifiques que personne ne suit

 Kheira Bettayeb

SCIENCE & VIE 1198

 

Parmi ses premières mesures, le président Emmanuel Macron a annoncé vouloir permettre aux communes qui le souhaitent de revenir sur la réforme des rythmes scolaires de 2013.

Si cette perspective a ravi plus d'un élu, d’autres ont vu d'un mauvais œil ce “retour en arrière", jugé dommageable pour les enfants. Car tous les spécialistes ne cessent de le répéter: l’organisation du temps scolaire répond toujours plus aux exigences socio économiques et politiques qu'aux rythmes biologiques  de l'enfant (c’est à dire aux fluctuations, imposées par l'horloge biologique, de son degré d'éveil, de son attention, de ses capacités cognitives ou de sa mémorisation).

La réforme Peillon a tout de même eu le mérite de tenter pour la première fois !de faire en sorte que les horaires de l’école tiennent compte de ces rythmes biologiques.Mais elle a laissé de côté certains points qu'il était pourtant crucial de revoir...

Quels changements faudrait-il opérer dans les aménagements des temps scolaires qu'ils soient plus adaptés aux besoins des enfants? Pour y voir plus clair, nous avons analysé différentes études sur les rythmes biologiques des enfants, et demandé l'avis de plusieurs spécialistes des rythmes biologiques et psychologiques.

Une enquête sensible, car les rythmes scolaires intéressent différents lobbies, et les avis des scientifiques divergent sur certaines questions. Cependant, un consensus se dégage sur quelques points importants.

Voici quatre recommandations à adopter. si l’on veut enfin tenir compte de l'intérêt des enfants.

 

1 - SCOLARISER LE SAMEDI MATIN PLUTOT QUE LE MERCREDI

Tous les scientifiques s'accordent sur le fait que la semaine de 4.jours et demi est une meilleure option que celle de 4 jours à laquelle pourraient revenir un certain nombre de communes en septembre 2018. Car elle permet une meilleure répartition des vingt-quatre heures scolaires obligatoires par semaine, et allège ainsi chaque journée.

Lors de la réforme de 2013, plus de 98% des communes ont opté pour le mercredi matin, plus adapté à la société actuelle, habituée au samedi matin vaqué. Certains experts (comme le psychophysiologiste Hubert Montagner) estiment que cette option est la meilleure. Notamment parce qu'’elle éviterait, selon eux, “une rupture du rythme de vie des enfants ”, et assurerait ainsi une continuité dans la semaine, “source de stabilité ”. Or, pour de nombreux scientifiques, l’explication ne tient pas: “Si l'on suit cette logique, il faudrait aussi scolariser le samedi et le dimanche matin ”, raille la chronobiologiste et psychologue Claire Leconte (université Lille 3). De fait, deux rapports scientifiques antérieurs à la réforme de 2013, l'un de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l'autre de l'Académie de médecine, privilégiaient clairement le samedi matin. Une option encore défendue par beaucoup d'experts. Et pour cause : plusieurs travaux ont montré que le samedi matin libre favorise  l'endormissement tardif de l’enfant deux soirs de suite [vendredi et samedi), ce qui retarde d'autant son horloge biologique et le désynchronise le lundi et le mardi matin... A noter: une étude publiée en février, réalisée sur 177 élèves de 14 ans, a montré pour la première fois que plus les couchers le week-end sont tardifs, plus le volume de matière grise cérébrale des adolescents diminue (ainsi que leurs performances scolaires). Pour en revenir au mercredi matin, une étude menée à Arras, rendue publique en juin 2016, indique que 82 % des enseignants, 46 % des animateurs et 64 % des parents estiment que les derniers aménagements fatiguent les enfants; De son côté, le rapport de l'Inserm déjà cité indique que laisser le mercredi libre jusqu'à la fin du primaire “permet un lever spontané supplémentaire qui apparait favorable à l'équilibre de l’enfant”. Pour Claire Leconte, il ne fait aucun doute que “le mercredi matin scolarisé est un choix par défaut, et non dans l'intérêt de l'enfant”.

 

2 - RETARDER L'HEURE D'ENTREE A L'ECOLE LE MATIN 

La réforme de 2013 n'a rien changé sur ce point. Or, une étude canadienne publiée en 2016 a montré que 36% des 10-18 ans qui commencent les cours à 8 h ne dorment pas assez, et 65 % se sentent fatigués. Concernant spécifiquement la France, des enquêtes ont révélé que près de 30 % des 15-19 ans sont en dette de sommeil. “A la puberté, l’horloge biologique des adolescents subit naturellement un décalage horaire de deux à trois heures. Il devient alors très difficile pour eux de s'endormir avant  23h, et de se lever avant 8h, explique l’épidémiologiste Geneviève Gariépy, co-auteur de ces travaux. Commencer les cours vers 9h 30 ou 10h serait plus compatible avec leur horloge biologique". Une autre étude parue en février 2017, menée sur 30 000 lycéens américains, a mis en évidence, elle, que retarder d'une heure l'entrée en cours des adolescents améliore leur taux de présence à l'école et leurs chances de réussite aux examens. Ainsi, deux ans après  un démarrage différé des cours à 8h ou 9h, au lieu de respectivement 7h ou 8h, le taux moyen d'obtention du diplôme a grimpé en moyenne de 79 % à 88 %. Quant au taux de présence, il est passé de 90% à 94 % en moyenne, voire de 68 % à 99 % dans certains établissements !

Dès 2001, un rapport de l'Inserm recommandait de retarder l'heure d'entrée en cours des adolescents... Pour les plus jeunes, il précise: “Chez les 6-7 ans, 46 % des 'gros dormeurs nocturnes' (1 1 h 17à 12h13 de sommeil et 20 % des 'petits dormeurs' ont un réveil provoqué en période scolaire". Cela dit, il n'existe pas de consensus concernant l’idée de commencer l'école plus tard aussi en maternelle et en primaire.

“Contrairement aux adolescents, les jeunes enfants sont plutôt du matin et se lèvent naturellement tôt. Chez eux, le problème vient surtout de couchers trop tardifs ”, tempère Claire Leconte.

 

3 - ALLEGER LA JOURNEE SCOLAIRE

En ajoutant une demi-journée d'école, la réforme de 2013 visait justement à alléger la journée scolaire (5h30 par jour au plus, contre 6 h auparavant). Mais lorsqu'on ajoute à ce temps scolaire les heures d'activités périscolaires et de garderie nécessaires pour beaucoup d’enfants dont les parents travaillent le temps de présence des enfants à l'école pouvait atteindre huit à dix heures. Or, concernant les apprentissages scolaires mêmes, plusieurs études ont montré que les enfants ne peuvent rester concentrés plus de quatre à six heures par jour, selon l’âge.

En 2005, François Testu et Baptiste janvier (université François Rabelais de Tours) ont observé 30 élèves de maternelle (45 ans), 60 de CP (6-7 ans), et 80 de CM2 (10-11 ans). Résultat?

Tous âges confondus, le niveau de vigilance augmente au fil de la matinée  - surtout entre 9h50 et 10h20. Ensuite, tout dépend de l'âge. La vigilance des 4-5 ans augmente lors de la pause déjeuner, entre 11h20 et 13h50, puis diminue l'après-midi. Chez les primaires, la vigilance diminue à la pause déjeuner, avant d'augmenter à nouveau en deuxième partie d'après-midi, de façon plus légère chez les CP que chez les CM2. Grosso modo, les plus jeunes sont réceptifs surtout en matinée, soit pas plus de trois heures; les plus grands, le matin et en deuxième partie d'après midi, soit environ six  heures. “Ces données suggèrent qu'il faut alléger Ia journée de travail scolaire différemment selon l'âge ”, conclut François Testu.

 

4 - REVOIR LE DECOUPAGE DES VACANCES

La réforme Peillon n'avait apporté aucun changement à ce niveau. Pourtant, alors que les chronobiologistes recommandent en général 7 semaines d'école, suivies de 2 semaines de repos, les élèves de la zone C, par exemple, n'ont eu cette année que 32 jours de classe entre les vacances de Noël et d'hiver, mais ont dû se lever tôt 11,5 semaines d’affilée entre les vacances de Pâques et d'été. .. Concernant ces dernières dont la durée de 2 mois fut décidée en 1939 pour que les enfants puissent aider aux travaux agricoles…“il serait judicieux de les écourter afin d'allonger les congés d'hiver. Car alors, les enfants ont besoin de plus de sommeil ”, explique Jacques Taillard, neurobiologiste spécialiste des :rythmes biologiques (CNRS, Bordeaux). En effet, “la tombée de la nuit, plus précoce en hiver, induit une sécrétion plus tôt de l’hormone de l'endormissement, la mélatonine”. Réduire les vacances d’été permettrait également d'avoir plus de jours scolarisés et d'alléger la journée scolaire. Enfin, “cela diminuerait les inégalités de réussite entre les enfants de milieux défavorisés et les autres, qui ont, eux, les moyens de pratiquer des activités scolaires l'été”, indique Bruno Suchaut, chercheur en sciences de l’éducation à l’université de Lausanne. Lors d'une étude menée sur 257 collégiens français, le chercheur a en effet observé qu'à l'issue des vacances d’été, les plus favorisés amélioraient leurs performances de 0,5 point sur 20, en moyenne.

 

Kheira Bettayeb 

 

Respecter les rythmes... à la maison aussi

“Rien ne sert d’adapter les horaires scolaires aux rythmes biologiques des enfants s’ils ne sont respectés à la maison. Et là, cela relève des parents", insiste Jacques Taillard.

Les conseils des experts sont connus: information de l’enfant sur le rôle du sommeil pour sa santé. Horaires de lever et de coucher réguliers, restriction des écrans…

“Un coucher tardif n’est pas totalement compensé par un lever tardif car la qualité du sommeil n’est pas aussi bonne en matinée qu'’en début de nuit, ajoute Claire Leconte. En cas des coucher tardif, préférez une sieste lors du creux de vigilance, après le déjeuner.

 

Cerveau : il cache une arme contre son propre déclin

Aude RAMBAUD

SCIENCE & VIE 1199

Cerveau : il cache une arme contre son propre déclin

DEUX ZONES TRES LOCALISEES DE REGENERATION PERPETUELLE

Deux réserves de neurones immatures ont à ce jour été localisées dans le cerveau humain.

L’une dans l'hippocampe,  zone qui régule les émotions et ou se forment les souvenirs ; il s‘y produit jusqu‘à 700 nouveaux neurones par jour. L’autre réserve se situe dans le striatum, région qui abrite le système de récompense et qui produit le plaisir.

DE QUOI RELANCER LA MACHINE

Ce qui apparait clairement, en revanche, c’est que fabriquer de nouveaux neurones à l’âge adulte n’est pas un dû et que ce processus nécessite certaines conditions.

 “Il existe en effet des facteurs favorables et d'autres pas, et, malheureusement, la vie moderne fait pencher la balance en faveur des seconds."

La sédentarité, le surpoids, la passivité, le stress, l’isolement social ou encore le manque de sommeil freinent ce phénomène.

Alors, en attendant de percer tous les mystères de notre fascinant cerveau, rien ne nous empêche déjà de tout faire pour relancer la machine de sa régénération.

Aude RAMBAUD

 

 

 

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