Précédente Accueil Remonter Suivante

 

Tour des Alpes Européennes

Récit

 

4000 km à tandem

Le départ

La traversée de la France

La Suisse

Le Simplon

L’Italie

Cyclotourisme à l’Italienne

Venise

La Yougoslavie

L’Autriche

Vienne

La panne

L’attente

La famille de cyclos campeurs

On repart !

L’Allemagne

L’accident

Retour en France

Le bilan

 

 

Ce récit a eu le 3° prix Charles Antonin de la Fédération Française de Cyclotourisme

 

 4000 km à tandem

 

Nous avons longuement hésité entre les vélos et le tandem pour ce périple en cyclo-camping autour des Alpes.

Notre choix portera finalement sur le tandem.

Malgré des ennuis mécaniques probables, malgré une moindre capacité à monter et à manœuvrer, le tandem réserve des joies que seul ceux qui le pratiquent peuvent connaître : union du couple dans l’effort et dans la fatigue, dialogue plus aisé sur les routes, pas de problèmes d’attente dans les cols, meilleur rendement sur le plat.

Et également pour la réaction que cet engin suscite partout : des milliers de sourires, des exclamations, de la curiosité, de l’étonnement, de l’envie. « Oh, un tandem ! Oh, un vélo à deux places ! Ah, c’est ce qu’il nous faudrait ! Celle à l’arrière, elle appuie pas ! »

Au total, un chargement de 25 kg sur un tandem de 20 kg. Bien sûr, porte-bagages avant surbaissé.

 

 Le départ

Nous sommes partis le 8 juillet. Le voyage a failli s’achever deux kilomètres plus loin ! En effet, peu habitué au chargement, j’ai fait un brusque écart et l’élan nous a emporté de l’autre côté de la route. Par bonheur, aucune voiture n’a eu la mauvaise idée de nous écraser. La conduite du tandem demande toujours un certain temps d’adaptation quand il est très chargé.

 

 La traversée de la France

Les jours suivants, les points de contrôle BPF (Brevet des Provinces Françaises) nous ont conduit à Noyer, Montréal et Châteauneuf qui sont tous les trois des villages Moyenâgeux.

La traversée de la Côte d’Or n’est qu’une formalité : elle se résume en une longue côte puis une jolie descente sur Beaune. La vallée de la Saône n’est pas enthousiasmante mais au moins c’est plat. Puis très vite, nous abordons le Jura.

 

 La Suisse

Le sixième jour, la Suisse nous apparaît. Nous traversons Genève sans encombre puis nous longeons le lac Léman par la rive française. De Saint Maurice à Martigny, la route est malheureusement importante. C’est l’inconvénient de ces voyages internationaux. On est parfois contraint de prendre les grands axes. A partir de Martigny, nous suivons une petite route dans les vignobles.

Lors d’un arrêt, en vérifiant la tension des rayons, je m’aperçois que le flanc du pneu arrière commence à se déchirer. Nous roulons quand même jusqu’à Visp pour nous rapprocher du Simplon. Là, nous trouvons un pneu de rechange. Du coup, mon inquiétude disparaît.

 

 Le Simplon

Le 15 juillet, sera pour nous une grande et surtout dure journée. Ce matin là, il pleut. Sur la piste cyclable, à la sortie du camp, un petit vieux à vélo nous interpelle. Il nous déconseille d’aller sur la nationale et nous indique une minuscule route qui va jusqu’à Brig. Voilà un saint qui nous a évité l’enfer !

J’avais lu un récit du docteur Ruffier. Il avait gravi avec sa femme et à tandem les pentes du Simplon. Dès le début, ils avaient mis pied à terre. Ils enlevèrent les dix derniers kilomètres sur leur machine. Ruffier était un champion, une force de la nature. C’est dire que je ne mésestimais pas cette ascension. Ce docteur avait comme braquet de base 48/20 et un développement de secours de 44/24. Nous, nous avions un 28/28 et pas du tout de secours !

Je dois dire que cette montée de 23 km fut une véritable épreuve de force. Sur 2 m 04, cela peut paraître ridicule mais avant de juger, essayez !

Nous avons donné 20 000 coups de pédales dans le brouillard et nous y sommes arrivés. J’aime l’effort mais pas la souffrance. Cette montée se situait juste à la limite.

 

 L’Italie

Frigorifiés par la descente du col, nous arrivons à Domodossola. Sitôt arrivés dans cette ville italienne, nous nous dirigeons vers la poste pour retirer de l’argent. Là, un postier nous fait comprendre qu’il faut aller à la poste principale qui  n’est ouverte que le matin... Imaginez une ville peu accueillante sous une pluie battante, un ciel d’encre, un froid de canard et deux cyclistes épuisés, en pleine fringale et sans une Lire... Je crois que sur la joue de Dorothée, quelques larmes se sont mêlées aux gouttes de pluie. Pour finir, nous apprenons qu’il n’y a pas de camping ici. Dans ce naufrage, Doro a tout à coup une idée lumineuse : « On va à l’hôtel et au restaurant ! Ainsi, nous pourrons chercher de l’argent demain ». Le moral remonte instantanément.

L’étape suivante nous conduit jusqu’à un petit camping tout au nord du magnifique lac Majeur. Ce camp avait la particularité de n’être jamais complet, du moins du point de vue du propriétaire. Il ne voyait que l’aspect rentabilité et entassait les tentes indéfiniment !

La route qui longe ce lac est très éprouvante. Mes yeux sont rivés à la route pour ne pas être aplati par les camions italiens à remorque. Doro, elle, peut satisfaire son tempérament contemplatif. C’est un gros avantage pour le passager de ne pas se soucier du pilotage. Souvent, elle me signale des choses intéressantes et je jette un œil. Cela ne l’empêche pas de serrer les fesses quand un « gros cul » nous frôle !

Le calme revient quand nous abordons la monotone plaine du Pô. Pendant cette période, nous abattrons environ 150 km par jour sur le 50/21. C'est un braquet qui nous convient bien.

Dans cette région, nous souffrons de l’absence de carte détaillée. Nous disposions d'une carte au 1/600 000° et c’est nettement insuffisant quand on prend les petites routes.

 

 Cyclotourisme à l’Italienne

Ce midi, le treizième depuis notre départ, entre Crémone et Vérone, nous finissons de manger tranquillement au bord de la route quand un important peloton précédé par une voiture nous dépasse. Tout d’abord, je crois à une course mais l’allure relativement lente, les signes amicaux me font revenir sur mon jugement hâtif. Précipitamment, nous rangeons les affaires, refermons les sacoches et la chasse commence ! Nous mettrons trois kilomètres avant de les rattraper. Auparavant, nous aurons doublé le camion balai, lequel contient trois cyclistes ayant abandonné ; une dizaine de voitures suiveuses avec quatre cyclistes fatigués (mais n’ayant pas abandonné !) accrochés aux différentes galeries et enfin le peloton bariolé avec des tas de publicités. Les gars (je n’ai pas vu de femmes) font une petite randonnée formule Audax.

Le cyclotourisme en Italie se rapproche visiblement davantage du cyclisme que du tourisme. Cinq kilomètres plus loin, ce sera l’arrivée.

Là, nous nous apercevons que c’est l’Unità qui a organisé cette sortie : des banderoles, des drapeaux, des slogans décorent la rue. Le fait d’être manipulés, récupérés par les marques ou la politique ne semble pas gêner ces cyclistes. Ils ont fait une agréable sortie et cela leur suffit...

A Vérone, et souvent sur notre parcours, les campings sont très mal signalés ce qui nous oblige à demander aux gens notre chemin. C’est un moyen comme un autre de chercher les contacts. Parfois, nous rencontrons des gens qui parlent un peu le Français et dans ce cas là, ils sont très serviables.

J’avais lu le livre d’un globe-trotter qui avait fait plus de 400 000 km autour du monde en auto-stop. Un détail m’avait frappé dans son livre : il avait emmené un rasoir électrique alors qu’il n’allait jamais à l’hôtel. Cela le forçait à demander une prise. C’était juste un alibi pour parler à des gens !

Sur la route qui nous mène à Mestre, nous constatons que les premières victimes des automobilistes ne sont pas les hérissons comme en France, mais les rats. Six ont été dénombrés ce jour là !

 

 Venise

De Mestre, nous irons à Venise en Bus. Nous avions suivi l’avis d’un cycliste rencontré à Crémone et qui revenait de Grèce. En effet, couvrir sept kilomètres d’une route qui ressemble à une autoroute relève plutôt du suicide. Je ne veux pas terminer comme les hérissons ou les rats ! De plus, le tandem dans Venise aurait été une véritable gêne.

Nous ne serons pas déçus. Nous arrivons tôt le matin pour éviter la foule et pour bénéficier de bonnes conditions d’éclairage pour les photos. C’est une journée épuisante car nous voulons voir le maximum de choses. Vers quinze heures, nous retournons au camping pour nous reposer et échapper à la marée humaine.

A dix-neuf heures, l’envie est trop forte, nous avons besoin de revoir cette ville unique. La nuit, l’atmosphère est complètement différente sur la place Saint Marc. Un seul regret, nous n’avons pas visité la basilique car à l’entrée nous avons été refoulés. Nous étions en short !

 

 La Yougoslavie

Il nous a fallu dix-sept jours pour arriver en Yougoslavie. Maintenant, nous avons l’impression d’être loin de chez nous. Au bureau de tourisme de Gorizia, une hôtesse nous propose des tickets de réduction d’essence. Elle est très surprise de voir qu’on les refuse !

J’avais un peu peur de l’état des routes. A part quelques passages où la chaussée est faite de dalles mal jointes et quelques petits secteurs correctement pavés, tout ira bien. Nous ne prenons cependant que les grands axes. La circulation n’est pas dense.

Pendant notre voyage, les routes les plus contraignantes seront les pistes cyclables. On pourrait penser que les ponts et chaussées de tous les pays construisent des pistes pour l’agrément et la sécurité des cyclistes. Moi, je pense plutôt que c’est pour rendre la circulation plus fluide que les cyclistes sont souvent chassés sur des trottoirs dangereux, mal signalés et mal entretenus.

Le long du mince ruban que nous avons parcouru, nous avons remarqué que dans beaucoup de villages il n’y a pas de commerce. Mais dès que l’on arrive dans des petites villes, nous trouvons aisément des libre-service. Dans les magasins, il y a le nécessaire mais pas le superflu. Les boutiques vendant, par exemple, du matériel vidéo ou des bijoux restent rares.

 

 L’Autriche

Nous dirons bientôt adieu à la Yougoslavie pour saluer l’Autriche. La richesse de ce pays par rapport au précédent nous saute aux yeux. Habitat, commerces, routes. Cette impression sera confirmée en arrivant dans la très belle ville de Graz.

là, nous nous accordons une journée de repos ou pour être plus précis une journée de non-vélo. En effet, ce mercredi 30 juillet est consacré à la marche. Nous arpentons les rues. pour essayer de manquer le minimum de choses à voir, nous avons l’habitude de nous diriger tout d’abord vers une papeterie qui vend des cartes postales : ainsi, nous avons rapidement une idée des choses à voir.

 

 Vienne

C’est près de Vienne que nous atteignons le bout des Alpes. C’était le but de notre voyage. En arrivant au camping de la capitale, la première chose que nous faisons est de rechercher d’autres cyclo-campeurs. J’aime bien ces camps où se rassemblent tous les routards. Les petites tentes fleurissent partout. C’est là que nous avons le plus de chance de faire des rencontres avec des gens qui ont la même motivation que nous.

Nous faisons la connaissance d’un français qui est venu de Paris en train. C’est un amateur d’art. A Vienne, il est servi. Il pense rejoindre ensuite Florence sur deux roues. Il voyage avec un vieux vélo de cyclotourisme qui a appartenu à son père. Très vite, je m’aperçois que sa bicyclette a un besoin urgent d’être réglée et comme j’adore ça, tout y passe : freins, direction, moyeux, pédalier et dérailleurs. Pour notre périple, j’avais emmené quelques outils spécifiques. C’est assez lourd mais ça procure une certaine autonomie et l’autonomie tend vers la liberté. C’est pour moi la chose essentielle.

 

 

Nous passons deux jours à Vienne. J’aime bien la peinture. Je la contemple avec le même plaisir qu’un paysage sur mon vélo. Voir des vrais Bruegel, c’est impressionnant.

 

 La panne

Je ne me lasse jamais de regarder mon tandem. Croyez-vous que cela soit maladif ou alors une caractéristique propre à beaucoup de cyclistes ? Même lorsque nous pique-niquons, mes yeux se portent naturellement sur lui. J’ai beau me dire que ce n’est qu’un assemblage d’acier, de dural et de caoutchouc, rien n’y fait. C’est en le passant ainsi en revue que je m’aperçois que la jante arrière est fendue au trois quart ! Nous sommes alors à trente kilomètres après Vienne. Deux solutions s’offrent à nous : retourner d’où nous venons ou continuer jusqu’à Saint Polten où il y a un camping. La première solution est radicalement écartée : faire demi-tour est déjà un effort surhumain pour un randonneur alors pour des tandémistes, c’est encore pire !

Nous continuons donc. Saint Polten est une agréable ville de quinze mille habitants. Elle possède un petit camping au bord d’une rivière. Le camp est très calme. Nous sommes heureux d’y arriver en fin d’après-midi sans avoir eu d’accident. Aussitôt, nous nous mettons en quête d’une jante de rechange auprès des nombreux vélocistes de la ville (six en tout !). Partout, c’est la même réponse négative : pas de jante à 40 rayons en Autriche. Voilà un autre inconvénient du tandem : beaucoup de pièces sont spécifiques. En particulier pour la direction et la largeur des axes des roues. Leurs dimensions sont plus importantes pour des raisons de solidité. Mais pour les 40 rayons, c’est moi qui l’avait voulu !

Heureusement, je possède dans ma cave à Ris deux vieilles jantes en dural de large section. Nous téléphonons à mes parents. Ma mère se débattra entre les PTT, la SNCF et Orly pour obtenir le moyen le plus rapide. Malgré une réticence des postes au départ, ce sont elles qui gagneront avec l’envoi par avion pour 28 F !

 

 L’attente

Pour nous, l’attente commence avec ce que cela comporte d’incertitude. Au début, nous nous reposons. Nous prenons des vacances en quelque sorte. Puis nous retournons visiter Vienne.

Plus tard, nous achetons un frisbee pour tuer le temps. Toujours plus tard, nous nous surprenons à faire du bronzage et du lèche-vitrine. Encore plus tard, nous commençons à douter : le moral est en baisse.

 

 La famille de cyclos campeurs

Heureusement, le neuvième jour, des cyclos campeurs sont arrivés au camp. Une famille de parisiens : les parents et une petite fille de neuf ans. Ils étaient partis de Paris le 1° juillet et nous les avons rencontrés le 12 août. Ils partaient pour un an. Ils avaient tout abandonné pour faire ce voyage : appartement, profession, confort. Etait-ce une fuite de la vie quotidienne ou une envie de découvertes ou bien les deux à la fois. Je ne sais pas. Ils devaient rejoindre ensuite la Yougoslavie puis la Grèce au début de l’hiver, Israël et enfin les Indes. Lui devait avoir plus de trente kilogrammes de chargement, elle un peu moins et leur fille une dizaine.

Leur tente était du même modèle que la nôtre mais elle était iso thermique et tout coton. Ils pensaient que c’était le meilleur choix possible. Moi, je pense que le choix est conditionné par l’utilisation qu’on veut faire de quelque chose.

L’équipement pour rouler était nettement moins bon. Ils avaient suivi les conseils de Lodé (Tour du Monde) : vélos routiers. Je ne suis pas de l’avis de cet auteur. Ces vélos ne sont pas d’assez bonne qualité pour transporter longtemps des lourdes charges. D’ailleurs, tous leurs roulements commençaient à avoir du jeu. Ils avaient toutefois fait renforcer la roue arrière. Un porte bagages avait cédé...

Ils avaient pris pour hypothèse que Lodé avait fait le tour du monde à vélo, donc il devait avoir raison. Mais ils avaient oublié que ce globe-trotter n’était pas un cycliste pratiquant quand il est parti. Pour faire le bon choix, il faut connaître sinon il vaut mieux se référer aux gens réellement compétents.

Par la suite, nous avons réfléchi pour savoir si c’était une bonne chose d’emmener un enfant pour un si long voyage. Au premier abord, cela peut paraître « chouette ». En effet, apprendre, entre autres, la géographie derrière une table ne me semble pas la meilleure des méthodes. Mais à l’âge de 9 ans, l’enfant a besoin de camarades pour se mesurer à eux, pour jouer et devenir sociable. Cette fille sera continuellement confrontée à des problèmes d’adultes. En un mot, je ne sais pas si le fait de pédaler des milliers de kilomètres correspond vraiment aux motivations  d’un enfant de cet âge là.

 

Ce jour là, nous recevons une lettre des douanes nous convoquant pour venir chercher le « cercle ». Le 14 août, à l’aube, nous prenons le train pour Vienne. Nous emmenons avec nous la jante cassée. Je l’avais démontée en notant bien le mode de rayonnage. En exerçant une légère traction elle s’était ouverte...

Le douanier, en la voyant, a compris aussitôt ce que pouvait bien contenir ce curieux colis venu de France !

Les rayons de la roue arrière sont croisés à deux à cause du diamètre important du tambour. Il ne faut pas oublier de mettre des petites rondelles au niveau de chaque tête. Ainsi les coudes sont plaqués contre le flasque. Cela réduit dans de grandes proportions le risque de cassure.

En fin d’après-midi, j’ai fini de la rayonner. C’est la première fois que j’effectue ce genre de travail. Bien sûr, il y a du voile et un léger saut, mais cela doit rouler. Le pneu demi-ballon doit encaisser ces défauts. Un petit tour dans la ville pour vérifier si cela tient : c’est tout bon !

 

 On repart !

C’est avec une nouvelle soif de paysages que nous sommes repartis. Nous avons suivi le Danube jusqu’à Linz et de là, nous avons regagné les Préalpes en longeant les lacs Attersee et Mondsee.

Nous avons admiré de très belles maisons décorées.

Salzbourg, citée de Mozart, sera notre dernière ville autrichienne.

 

 L’Allemagne

Les campings sur la route allemande des Alpes sont essentiellement des camps résidentiels : immenses caravanes dans de véritables petits jardins. Nous n’aurons pas beaucoup de contacts avec ces vacanciers.

Sur la route, les paysages sont magnifiques. En particulier la Bavière avec ses châteaux royaux, ses lacs, sa verdure.

Tout au long de cette route, nos moments sont consacrés à la contemplation mais aussi à l’effort. En effet traverser un massif consiste la plupart du temps à suivre une vallée puis gravir une route qui mène à un col. Longer les Alpes oblige à couper des monts les uns après les autres.

Nous ne sommes pas pressés de rentrer. Nous préférons raccourcir les étapes : 80 km en moyenne.

C’est un voyage heureux, tout marche comme sur des roulettes. La roue arrière ne nous pose aucun problème à part un concert de cliquetis continuel. Ce sont les rayons qui frottent entre eux ou sur le dural qui émettent ce bruit particulier. A noter que suivant le temps, on n’obtient pas la même tonalité. Le tempo, lui, varie suivant la vitesse !

 

 L’accident

Cela fait une vingtaine de kilomètres que nous avons quitté le lac quand tout à coup le tandem fait un gros écart. Doro est éjectée et moi, je me retrouve empêtré avec l’engin. Ma première réaction est de regarder en arrière pour voir si une voiture n’arrive pas. Doro est très choquée. Le passager du tandem est toujours surpris par un accident car il ne voit pas arriver le danger. Ma jambe saigne. Ce sont les dents du pédalier qui m’ont labouré les chairs. Doro est écorchée au coude et à la cuisse.

Explication de la chute : le bitume était surélevé par rapport au bas côté. Une seconde d’inattention a suffi pour descendre et c’est en remontant que nous avons perdu l’équilibre. Cinq bornes plus loin, nous avons la chance de trouver un pharmacien.

Nous ne sommes pas anxieux ni insouciants d’ailleurs : nous acceptons les risques du voyage en sachant bien que nous sillonnons des pays à forte structure médicale.

 

 Retour en France

A Ribeauvillé, en Alsace, nous battons notre record de vitesse pour le rangement : 3/4 d’heure entre le lever, la toilette succincte, le petit déjeuner, le rangement et l’arrimage des sacoches. Certains peuvent trouver cette activité matérielle contraignante. Nous mettons d’habitude environ une heure le matin et une demi-heure l’après-midi. Cela fait partie du voyage.

Si nous sommes allés si vite, c’est parce qu’il n’y a pas une minute à perdre. Nous avons une dure journée devant nous. A force d’avoir longé les Alpes, nous sommes un peu brimés. Nous avons envie d’aller affronter à nouveau la montagne. Mais cette traversée des Vosges marque également un peu la fin de notre voyage et le soir, Doro est vraiment triste.

 

 Le bilan

Pendant ces deux mois, nous avons fait quelque chose qui nous convenait parfaitement tant sur le plan physique que sur l’enrichissement personnel. Nous avons connu une vie de couple intense.

 

Daniel CLERC

 

Reportage photos 

 

 

Précédente Accueil Remonter Suivante